Les technologies nous annoncent elles un monde meilleur ?

February 10, 2017
Les technologies nous annoncent elles un monde meilleur ?

Par Sylvain Cazard, Vice-Président de VMware en France

En moins de 10 ans notre économie s’est transformée sous la pression des nouvelles technologies et les cartes de la compétition ont été redistribuées.  Certains y voient les signes d’une société qui progresse quand d’autres s’inquiètent des conséquences sur l’emploi. Selon le prisme utilisé on sombre dans le pessimisme ou on glorifie l’innovation. Les technologies doivent être mises aux services de l’innovation et du dynamisme économique.

L’exemple du cloud montre que c’est possible.

On vit mieux en partie grâce aux technologies.

En 2016 on comptait 1000 fois plus de centenaires en France qu’en 1950. L’espérance de vie dans notre pays en 2015 était de 79,4 ans pour les hommes et de 85,4 ans pour les femmes. Au niveau mondial l’extrême pauvreté a reculé passant de 42,1% de la population en 1981 à 10,7% en 2013. Les technologies ne sont pas les seules responsables de ces progrès mais sans elles ils auraient été difficilement réalisables. Il faut désormais compter avec le cloud, le big data et l’Internet des Objets (IoT) pour créer des villes, des transports, une agriculture intelligente capable d’alimenter en nourriture et en énergie une population qui atteindra 9 milliards d’habitants en 2050 et dont plus des deux tiers vivront en zone urbaine.
L’apport de la technologie est une question de perspective.

Aujourd’hui on brandit la robotisation et l’intelligence artificielle comme une menace pour l’emploi. Le cabinet Roland Berger anticipe la suppression de 3 millions de postes en 2025 du fait du numérique. Le McKinsey Global Institute (MGI) estime, quant à lui, dans une briefing note de décembre 2016 que la proportion d’emplois totalement automatisables du fait des technologies serait inférieure à 5%. Le rapport entre automatisation et diminution des emplois n’est pas si clairement établi. L’Allemagne qui a augmenté de 27% son taux de robotisation entre 2009 et 2015 a vu dans le même temps le chômage baisser de 37%. Certains emplois sont totalement automatisés mais d’autres font leur apparition pour concevoir, produire, piloter et maintenir ces robots. Aux Etats Unis 1,5 millions d’emplois sont directement issus de la robotique dans l’industrie automobile. Dans une note d’analyse de juillet 2016 (L’effet de l’automatisation sur l’emploi : ce qu’on sait et ce qu’on ignore), France Stratégie explique que : « le contenu des métiers évolue avec le numérique dans un sens qui les rend paradoxalement moins automatisables ». On commence donc à voir une complémentarité entre l’homme et la machine. L’arrivée des robots matériels ou logiciels collaboratifs (cobots) en sont sans doute la concrétisation. Au-delà de l’automatisation Il faut tenir compte de la dynamique économique créée par une technologie. Le Cloud en est un bon exemple.
Le cloud doit jouer un rôle de levier économique.

Aux débuts du cloud on aurait pu réduire son rôle à celui des vases communicants, les fournisseurs de cloud créant des emplois au détriment de ceux des directions informatiques. La valeur économique du cloud ne se réduit pas à ce transfert de ressources. Le cloud a réussi le tour de force de démocratiser (« commoditiser ») les ressources informatiques en simplifiant l’accès et en réduisant le coût. Les entreprises peuvent créer ou développer leurs activités de manière plus proactive sans crainte d’investissements lourds et risqués. Absorber une activité saisonnière, démontrer la fiabilité d’un projet, créer un évènement éphémère ou s’implanter dans un nouveau pays peuvent se faire en souplesse. En se tournant vers l’avenir, le cloud constitue la fondation d’une économie axée sur les données et les applications. Il prépare le terrain pour le développement du big data et de l’internet des objets. C’est ce qui a permis à une société comme Leboncoin.fr d’être capable d’exploiter dans le cloud une centaine de téraoctets de données et de répondre efficacement aux 25 millions de visiteurs mensuels qui consultent les millions d’annonces déposées sur le site.  C’est un écosystème qui se crée avec le cloud et une kyrielle d’entreprises émerge dans son sillage. Le cloud leur a ouvert l’accès à des ressources qui étaient auparavant inenvisageables techniquement et financièrement. A sa manière le cloud favorise l’entreprenariat et l’innovation. On trouve des plus en plus dans le cloud des modules prêts à être utilisés par les développeurs pour enrichir leurs applications avec des fonctions de machine learning ou de blockchain par exemple. En forçant légèrement le trait on pourrait presque dire qu’un jeune entrepreneur et une PME disposent grâce au cloud des mêmes compétences, R&D et ressources informatiques que les grandes sociétés technologiques.
Anticipons les changements.

Le monde change, c’est enthousiasmant de voir naitre sous nos yeux le monde de demain et de pouvoir y participer. Le numérique peut être source de meilleures conditions de travail et de création d’emplois.  Des métiers sont amenés à disparaitre mais d’autres vont émerger et 60% des metiers qui recruteront en 2030 n’existent pas encore. C’est surement l’un des défis qui nous attend : anticiper l’impact du numérique sur les métiers et s’y préparer. Dans une note d’analyse, France stratégie  de janvier 2016 nous alertait d’ailleurs sur la nécessité de renforcer les compétences de la population active par une politique d’éducation ambitieuse car « les enquêtes de l’OCDE révèlent une obsolescence rapide des compétences acquises par les Français lors de leur formation initiale ». Un message qui vaut également pour les grandes écoles et les universités.


 
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