La vie professionnelle à l’heure de la révolution numérique devient un apprentissage continu

June 13, 2018
La vie professionnelle à l’heure de la révolution numérique devient un apprentissage continu

L’université du numérique du Medef s’interrogeait cette année sur le défi des compétences à l’heure de la révolution numérique. Entre nombre de suppression d’emplois et nombre de créations d’emplois, le débat reste ouvert. Une chose est sûre la transformation des compétences est inévitable. 

Derrière les compétences, l’emploi. Désormais toutes les entreprises ont compris que la transformation numérique était inévitable. Toute hésitation revient à laisser le champ libre à de nouveaux acteurs plus innovants dont la stratégie consiste à « disrupter » les modèles existants. La prise de conscience est acquise mais la mise en œuvre s’avère plus compliquée. Bien que les technologies soient au cœur de cette révolution il s’agit avant tout de déterminer les nouveaux usages qu’elles engendrent et d’en mesurer l’impact sur le comportement des utilisateurs, sur les différents processus de l’entreprise, sur les compétences et par voie de conséquences sur la nature des emplois.  On avait déjà connu ce phénomène avec l’arrivée de l’informatique qui a contribué à automatiser de nombreuses fonctions de l’entreprise. La révolution numérique va encore plus loin et concerne tous les secteurs d’activité et ne fait pas le distinguo entre activité professionnelle et sphère privée.  Toutes les fonctions de l’entreprise sont concernées que ce soient le développement des offres, la logistique, le marketing, la commercialisation ou le service après-vente. Et l’accélération de la transformation nécessite une remis en cause des compétences extrêmement rapide, avec une vitesse peut-être jamais connu jusque-là même lors des phases d’arrivée de la révolution informatique par exemple.

La vie professionnelle devient à un apprentissage continu. Le numérique se caractérise par son omniprésence et par son évolution constante. Le cycle des innovations technologiques s’accélère, les nouveaux usages émergent sans cesse et nouveaux modèles économiques chamboulent les anciens. C’est sans doute une bonne nouvelle pour les nouvelles générations qui maitrisent naturellement les nouveaux outils mais cela perturbe les employés plus anciens dans l’entreprise qui sont contraints de subir cette mutation sans y avoir été préparés. Le numérique diffèrent des précédentes révolutions technologiques ou industrielles par sa rapidité de changement qui pose un réel défi d’acquisition des compétences. Il impose également une maîtrise beaucoup plus verticale des compétences, il sera de plus en plus difficile de séparer les compétences technologiques des compétences métiers, la révolution numérique imposant une imbrication très forte des choix technologiques avec les compétences « métiers ». Le ministère du travail a d’ailleurs analysé en détails « L’économie des plateformes avec les enjeux pour la croissance, le travail, l’emploi et les politiques publiques » dans un document d’étude publié en aout 2017. Il nous faut désormais nous adapter en permanence pour garder notre employabilité. La vie professionnelle est plus que jamais un apprentissage continu. Les compétences représentent un double enjeu. Un enjeu pour l’entreprise qui ne pourra pas conduire efficacement sa transformation sans les compétences adéquates. Un enjeu pour chaque employé qui doit apprendre à évoluer avec sa fonction. Des métiers s’enrichissent avec le numérique et certains disparaissent au profit de nouveaux.  Certains analystes estiment que 85% des emplois à pouvoir en 2030 n’existent pas encore.

Face au changement l’inquiétude est naturelle. Elle est souvent amplifiée par des articles de presse alarmistes surfant sur la vague de l’intelligence artificielle pour alimenter les fantasmes. Dans la grande majorité des cas il s’agit de travailler plus efficacement et d’offrir des services de meilleure qualité. Les nouvelles générations mesurent déjà l’attractivité d’une entreprise à sa maturité numérique et rechigne à la rejoindre si elles la jugent dépassée technologiquement. Le numérique va augmenter nos capacités de travail à condition de s’approprier en temps voulu de nouveaux outils. C’est déjà le cas avec les espaces de travail numérique  qui s’adaptent à la mobilité des employés et facilitent la collaboration.

C’est en donnant du sens à la transformation numérique que l’on obtient l’adhésion des équipes. Leur implication est d’autant plus grande qu’elles trouvent un regain d’intérêt dans leur fonction et constatent une amélioration des conditions de travail. De quoi créer une émulation pour se former et s’adapter. L’adoption ne sera réussie que si les changements ont été expliqués et accompagnés par des formations. La transformation numérique ne peut se réduire à la mise en place de technologies. Oublier l’humain c’est se condamner à l’échec. Les compétences managériales ne sont pas épargnées par l’effet du numérique et l’arrivée des nouvelles générations dites milléniales. Le numérique décloisonne les organisations, on travaille différemment et on dispose d’une intelligence collective qui dope l’efficacité. Le rôle des managers est délicat car ils doivent eux même s’adapter aux changements d’organisation et à la modification des processus tout en aidant l’entreprise à diffuser la culture du numérique.

Il est indispensable que l’entreprise anticipe l’impact des nouveaux usages sur les compétences mais il faut être lucide nous n’avons qu’une faible idée des nouveaux métiers de demain. C’est donc une nouvelle culture qu’il faut instaurer pour créer une dynamique de l’apprentissage continu. On peut également s’appuyer sur les employés qui montrent une appétence naturelle pour les nouvelles technologies et en faire des « champions » qui vont contribuer à diffuser cette culture. Il faut être conscient que certains métiers vont nécessairement disparaitre.  Il est plus que jamais nécessaire établir des passerelles entre les fonctions et favoriser la mobilité pour que le changement soit vécu comme un tremplin professionnel. Cela pose clairement la question de la responsabilité sociétale de l’entreprise qui doit veiller à ne laisser personne sur les bas-côtés de la route digitale.


 
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